Le cas impliquant Achraf Hakimi, l’international marocain et star du Paris Saint-Germain (PSG), a dépassé les frontières du sport, suscitant un débat politique important en France. Ce développement fait suite à la décision d’un juge d’instruction de renvoyer Hakimi devant le tribunal pour des accusations de viol, liées à des incidents présumés survenus en février 2023.
Les problèmes judiciaires de Hakimi ont déclenché des réactions divergentes parmi les figures politiques à Paris, reflétant un discours plus large sur le rôle de l’athlète dans le contexte des procédures judiciaires en cours.
Divisions politiques et contexte judiciaire
Le renvoi de Hakimi devant la justice a polarisé l’opinion parmi les candidats à la mairie de Paris. Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie de Paris représentant la coalition “Horizon – Renaissance”, a plaidé pour le retrait temporaire du footballeur du terrain pendant le procès. S’exprimant dans l’émission Apolline Matin diffusée par RMC, Bournazel a souligné qu’une telle démarche servirait les intérêts de toutes les parties concernées, tout en reconnaissant le droit de Hakimi à la présomption d’innocence.
Inversement, Rachida Dati, autre candidate à la mairie, a adopté une position plus prudente. Lors d’une interview avec BFMTV, elle a souligné l’importance primordiale de respecter la présomption d’innocence comme pierre angulaire de la justice et a évité d’appeler à des mesures préventives contre le joueur.
Les origines de cette saga judiciaire remontent à février 2023, lorsqu’une jeune femme a accusé Hakimi d’agression à son domicile de Nogent-sur-Marne. Bien qu’aucune plainte formelle n’ait été déposée initialement, une enquête judiciaire a été ouverte, aboutissant à des accusations contre Hakimi après près de trois ans d’instruction. La décision du juge d’instruction de renvoyer l’affaire devant le tribunal s’aligne avec les demandes du parquet à Nanterre.
Tout au long du processus, Hakimi a fermement nié les accusations, exprimant une disponibilité calme à faire face au procès et à clarifier publiquement la vérité.

Du point de vue de la défense juridique, l’équipe de Hakimi soutient que les accusations sont une tentative d’extorsion, appuyée par la correspondance de la plaignante et des rapports d’experts psychologues. Son avocate, Fanny Colin, a déposé un appel contre la mise en examen, arguant que la plaignante a entravé la justice en refusant les examens médicaux.
De son côté, l’avocat de la plaignante réfute toute accusation de chantage, affirmant que le juge d’instruction et le parquet ont trouvé des motifs suffisants pour poursuivre le procès.
Par ailleurs, le Paris Saint-Germain a maintenu son soutien public à Hakimi. Lors d’une conférence de presse, l’entraîneur Luis Enrique a déclaré que « l’affaire est entre les mains de la justice » avant de faire jouer Hakimi lors du match de barrage de la Ligue des champions de l’UEFA contre Monaco.
Le soutien des fans a également été palpable au Parc des Princes, où des banderoles exprimant leur solidarité avec Hakimi ont été exhibées en évidence et son nom scandé par les supporters.
