En réfléchissant à son mandat au Real Madrid avant le match à Lisbonne, José Mourinho a déclaré : “Après trois années difficiles, intenses et presque violentes, la meilleure chose était de partir.” Certains vétérans racontent leurs expériences au Vietnam avec moins de stress post-traumatique que ce qui transparaît dans son ton. Ce qui s’est passé était moins un projet sportif qu’un exercice implacable de survie. Les déclarations du entraîneur portugais évoquaient le roman acerbe et humoristique de Frédéric Beigbeder, L’amour dure trois ans, qui décrit une chronologie cynique des relations : la première année pour acheter des meubles, la deuxième pour les réarranger, et la troisième pour les diviser. Mourinho et Madrid ont traversé leurs propres étapes à la vitesse fulgurante d’une contre-attaque menée par Özil et Cristiano.
La saison inaugurale a été marquée par une déclaration d’amour éternel, un front uni forgé dans le creuset de la compétition contre le Barça de Guardiola. Ce fut une période d’euphorie initiale et d’ambition partagée, préparant le terrain pour une bataille qui définirait une ère du football espagnol. La concentration collective était singulière, chaque mouvement tactique et déclaration publique visant à défier la domination de leur rival juré.
Le Déroulement d’une Vision Partagée
Au bout de la deuxième année, la fondation autrefois solide commença à montrer des fissures importantes. Le processus de réarrangement du mobilier proverbial commença, impliquant des tensions internes, des désaccords stratégiques et un changement palpable dans l’atmosphère entourant le club. L’intensité qui alimentait initialement leur campagne commença à se transformer en une tension, mettant à l’épreuve la résilience tant du manager que de l’institution.
Le dernier, troisième chapitre, fut inévitablement consacré à la division. Ce qui avait commencé comme une grande alliance se termina par une séparation nécessaire, mais douloureuse. La pression accumulée de ces “années difficiles, intenses et presque violentes”, comme Mourinho lui-même les a décrites, fit que la séparation devint la seule conclusion viable. Leur parcours commun, condensé en seulement trente-six mois, brûla d’une intensité féroce mais insoutenable, laissant derrière lui un héritage complexe.