Depuis des années, un récit persistant a obscurci l’héritage de l’adaptation en anime de 2003 de ‘Fullmetal Alchemist’. Cette version, qui diverge fortement de son matériel source, a fait l’objet de critiques considérables de la part d’un segment de la communauté de fans. Une affirmation répandue suggérait que Hiromu Arakawa, la créatrice du manga, nourrissait une insatisfaction profonde, voire une colère, en voyant la trajectoire modifiée de son récit. Contrairement à ces affirmations largement répandues, le récit factuel de la genèse de l’adaptation révèle une vérité nettement différente et collaborative.
En se plongeant dans des interviews officielles et des publications de livres pour fans, les propres mots d’Arakawa démantèlent le mythe de son mécontentement. La mangaka a constamment clarifié sa position, en fournissant un contexte à une décision créative qui a longtemps été mal comprise. Loin d’être une imposition unilatérale par le studio, le changement fondamental dans l’intrigue de l’anime est né d’une demande directe d’Arakawa elle-même.
Le rôle proactif de l’auteure dans la conception de l’adaptation
C’est Hiromu Arakawa qui a explicitement demandé à l’équipe d’animation de tracer une voie distincte pour l’anime. Avec la publication du manga encore en cours au moment de la production de l’anime, Arakawa craignait que l’adaptation ne rattrape son travail inachevé. Pour éviter des arcs fillers ou une conclusion prématurée, elle a plaidé pour la création d’un récit original. Ce choix stratégique a permis à la série de 2003 d’explorer ses propres thèmes et résolutions tout en laissant le manga continuer son développement à son rythme prévu, sans être contraint par la synchronisation.

Cette révélation recontextualise tout le discours entourant les deux versions emblématiques de l’histoire. La divergence n’était pas une trahison du matériel source, mais une expérience délibérée, approuvée par l’auteur. Arakawa a exprimé que voir l’équipe de l’anime bâtir sur ses concepts initiaux pour créer une fin unique était une expérience fascinante et positive. Elle a apprécié l’opportunité de voir ses personnages et son univers interprétés à travers une lentille créative différente, aboutissant à un univers narratif parallèle mais tout aussi captivant.
Ainsi, l’idée que l’auteure était contrariée par le produit final est catégoriquement infondée. L’existence de deux chemins canoniques distincts pour les frères Elric—l’un dans les pages du manga achevé et l’autre dans les images de l’anime de 2003—témoigne d’une compréhension collaborative entre créateur et adaptateurs, chaque version possédant sa propre valeur artistique et intégrité narrative.