Dans les années 1980, les agriculteurs canadiens ont introduit en grand nombre des sangliers eurasiens dans le but d’augmenter la production de viande et d’améliorer les opportunités de chasse. Ces sangliers, importés d’Europe, ont été croisés avec des porcs domestiques pour créer un hybride connu sous le nom de ‘super-cochon’ — un animal plus grand capable de produire des portées plus importantes. Cette initiative a initialement semblé couronnée de succès, car les exportations de porc ont augmenté de façon spectaculaire, atteignant des sommets historiques.
Le Canada, pays sans espèces porcines indigènes, a vu pour la première fois des porcs introduits par des colons espagnols au XVIe siècle. Aujourd’hui, les porcs et les cochons constituent le plus grand segment de l’industrie de l’élevage du pays, dépassant le bétail, les moutons et d’autres produits carnés tels que le veau, la chèvre, le lapin, le cheval, le venison et le bison. La majorité de la population porcine est concentrée en Ontario, au Québec et au Manitoba, avec près de 7 000 exploitations dans ces provinces représentant 81 % du troupeau porcin canadien total.
Les exportations de porc atteignent un sommet, puis diminuent
Alors que l’élevage de sangliers eurasiens avec des porcs domestiques semblait initialement rentable, le marché a connu une baisse lorsque les exportations de porc ont atteint un pic puis se sont effondrées en 2001. Suite à cette baisse de la demande, de nombreux agriculteurs se sont retrouvés incertains quant à la gestion de leurs troupeaux de ces animaux hybrides.
Ces dernières années, les conséquences inattendues de cette expérience d’élevage sont devenues évidentes. Les ‘super-cochons’ croisés se sont échappés ou ont été relâchés dans la nature, établissant des populations invasives à travers l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Ces animaux se sont multipliés rapidement, créant un défi écologique aujourd’hui difficile à contrôler.
Alors que ces populations sauvages croissent, elles menacent les écosystèmes locaux et les terres agricoles, suscitant des inquiétudes tant chez les écologistes que chez les agriculteurs. La propagation de ces sangliers hybrides, qui combinent la robustesse des sangliers sauvages avec la capacité reproductive des porcs domestiques, représente un problème majeur pour les provinces canadiennes concernées.